Trophée Marie Agnès Péron et Mini Fastnet 2017

DZ… centre du monde
Comme chaque année, en juin, Douarnenez sera le centre du monde de la Classe Mini 6.50. Pendant 3 semaines, une bonne centaine de skippers arpenteront les pontons de Tréboul, qui vont ressembler à une joyeuse fourmilière multicolore. C’est le grand océanique circus du 5 au 25 juin 2017.

Photo Simon Jourdan

Les deux courses organisées par le Winches Club présentent deux profils très différenciés.
Le Trophée Marie-Agnès Péron, en solitaire sur 220 miles nautiques, s’inscrit dans un cadre compétitif qui englobe, dans le désordre, la seconde étape du Championnat de France de Course au Large en Solitaire, la préparation de la Mini Transat d’octobre, le classement au ranking international de la Classe, et bien entendu, une course à part entière.
Le Mini Fasnet est sans conteste le plus beau fleuron des courses en double de la Classe. Il suffit de jeter un coup d’oeil au palmarès des trente et une éditions précédentes depuis 1987 -bon nombre des concurrents actuels n’étaient pas nés-, pour en prendre la mesure :
Le Mini Fastnet et son parcours mythique de 600 miles nautiques représente un Graal en soi.
Le niveau grimpe
L’année dernière, beaucoup de marins faisaient leurs premiers pas dans la Course au Large et l’objectif de nombre d’entre-eux se limitait à participer et à terminer le parcours dans les temps. Il en va tout autrement cette année. Les ex-bizuths arrivent le couteau entre les dents, ils sont libérés des miles qualificatifs obligatoires pour participer à la Mini Transat, et s’alignent au départ, prêts à en découdre pour occuper les places d’honneur. Ce sont dès lors deux compétitions de très haut niveau qui se présentent, où il n’y a pas intérêt à flâner en route.
Un sacré Trophée
En Proto… Et lui devant :
Les régates dans cette catégorie se déclinent sur l’air de Brassens : “Tous derrière et lui devant…”. Ian LIPINSKI et son “Griffon.fr”

Photo Simon Jourdan

dominent outrageusement la catégorie reine de la quille et des

safrans. En cours d’année dernière, cela faisait craindre un écœurement de la concurrence avec seulement 9 participants en Proto. Il n’en est rien, cette fois, ils seront 24 en lice pour le Trophée Marie-Agnès Péron.
L’opposition à Ian Lipinski commence à prendre forme.
D’abord avec Erwan LE MENE (“Recherche Sponsor”) sur le 800 (bateau qui a remporté la dernière Mini Transat). Le Morbihanais commence à trouver le mode d’emploi du petit bolide rouge de l’architecte Lombard. Sur un parcours très technique, comme celui du MAP et pour peu que, comme l’an dernier, Ian commette quelques erreurs, rien n’est jamais joué d’avance.
Ensuite Romain BOLZINGER (“Spicee.com”) sur le 716 a démontré qu’il en avait dans la quille basculante. Son surnom de “la bernique” est révélateur de son caractère accrocheur.
Enfin, la brigade des “gros nez” commence à s’installer sur les pontons. Quentin VLAMYNCK (“Arkema3”) sur son 900, un peu décevant sur ses premières sorties, n’a certainement pas dit son dernier mot. L’Allemand Jorg RIECHERS (“OTG1”) sur le 924, tout nouveau plan d’Etienne Bertrand, vient de remporter sa première course pour sa première sortie en Méditerranée et, les suiveurs ont hâte de le voir à l’œuvre. Le Suisse Simon KOSTER (“Eight Cube”) sur le 888 pas encore tout à fait fiable jusqu’à présent.
A surveiller également le Guadeloupéen Kéni PIPEROL (“Région Guadeloupe”), qui apprend vite, et autre Aurélien POISSON (“Roll my chicken”) peu chanceux pour sa dernière sortie.
En Série, bagarre générale :
La catégorie ne signifie pas monotypie, mais il faut bien admettre que les Pogo 3 ne laissent pas beaucoup de place dans le top 10 à d’autres dessins. Il n’y a guère qu’Henri PATOU (“Nautiscan 3D”) sur son Offcet 6,50 qui oppose une résistance de choix et les duettistes Ambroggio BECCARIA (“Alla grande ambeco”) et Fred MOREAU (“Petit Auguste et Cie”) sur Pogo 2, qui assurent le spectacle dans le peloton des poursuivants.
Devant, le trio qui domine incontestablement le début de saison est constitué dans l’ordre actuel du ranking par, Erwan LE DRAOULEC (“Emile Henry”), Pierre CHEDEVILLE (“Blue Orange Game – Seaowl”) et l’Irlandais Tom DOLAN (“Cellastab.com”). Notons au passage que c’était déjà, dans l’ordre inverse, le podium de l’édition 2016 du Trophée MAP.
Bien sûr, les jeux ne sont pas faits d’avance.

Photo Simon Jourdan


Il est toujours possible qu’un magicien, tel le Suisse Valentin GAUTIER (“Shaman-Banque du Léman”), sorte de son chapeau un bord improbable le long de la côte.
Il est toujours possible que Clarisse CREMER (“TBS”) franchisse encore une barre de sa remarquable progression par la force de sa volonté sans faille.
Il est tout à fait possible que Rémi AUBRUN (“Constructions du Belon”) arrive de la Mare Nostrum avec de jolies ambitions.
Il est toujours possible que Tanguy BOUROULLEC (“Kerhis-Cerfrance”) un peu à la peine, retrouve les réglages qui lui ont permis de remporter la course des Açores 2016.
Il est toujours possible que Yannick LE CLECH (“Dragobert”), Henri LEMENICIER (“LPO-Agir pour la Biodiversité”) ou encore Benoit SINEAU(“Cachaca2”), sortent une botte secrète de derrière les fagots.
Bien sûr tous les possibles sont d’actualité dans une course comme le Trophée Marie-Agnès Péron, mais les pancartes de favoris sont bien dans le dos du p’tit blond de Locmiquélic, âgé d’à peine 20 ans, et dont la timidité apparente cache des dents longues comme ça; dans le dos du fier officier costarmoricain de la mar-mar dont le talent n’a d’égal que son goût pour la victoire ; dans le dos du plus breton des Irlandais, laboureur insatiable des eaux concarnoises.
Alors, faites vos jeux, sur l’eau c’est sûr il va y en avoir.
Pendant la course, nous pourrons suivre les débats au plus près sur la cartographie. Avant le départ, sur les pontons de Tréboul, nous pourrons cotoyer les lauréats de la prochaine Mini Transat, au départ de La Rochelle en octobre, une chose est sûre, ils seront parmi eux !

Djibi