Monsieur le râleur de service.

Une bordée de jurons, c’est lui ! Il râle sur tout : les bidons à replomber « quelle connerie ! »; la capuche du gilet « non mais quoi encore !« ; le deuxième gilet de sauvetage « alors là, c’est le summum, n’importe quoi ! ». Et il râle, il râle, du matin au soir, du lever au coucher. Cheveux blanc en broussaille, bronzage de plagiste, du haut de sa soixantaine dépassée, on se demande d’où il sort et ce qu’il fait là.                                                                                                                                                     Son nom est Frédéric Guerin. Un Monsieur de la voile !                                Il a une bonne vingtaine de traversées de l’Atlantique à son actif. En course, en croisière, une fois à la rame en solo (par le Nord bien sûr), et trois Mini Transat, en 83, 85 et 89, deux fois deuxième, excusez du peu !!                                                                                                                                   Fred est déjà qualifié pour la Mini Transat au départ de La Rochelle, il est au départ de ce MAP et fera le Mini Fastnet avec Henri Duval. Son bateau est le proto n°614 « Les-Amis.com », du nom du site qu’il a créé pour suivre ses aventures…à venir. Bons vents Monsieur Fred !

Djibi.

Photographe Leeg.photographie

Le « grand », favori ?

Un inscrit de dernière minute fera  incontestablement partie des candidats au podium. Il est facile de le repérer. Par sa taille d’abord : dans le bateau il y a toujours un bout qui dépasse. Par son rire ensuite qui claque plus souvent qu’à son tour comme une rafale de mitraillette. Alors, que personne ne s’affole ou ne s’inquiète, pas la peine de chercher l’abri le plus proche, c’est juste Benoit Hantzperg qui rit d’une de ses blagues ou de celle de quelqu’un d’autre.

Photographie Leeg.photographies

Djibi.

Même pas mal (de mer) !

Les navigateurs plus chevronnés l’ont surmonté, les moins aguerris en garde un souvenir redoutable et les pêcheurs professionnels ont appris à vivre avec. Mais pour les novices, il existe des moyens de le prévenir. Mais en fait, c’est quoi le mal de mer ? C’est un dérèglement des signaux envoyés par les yeux, l’oreille interne et la voûte plantaire de l’homme, qui sont habitués aux déplacements horizontaux et non verticaux, comme ceux de la houle. Le mal de mer est l’ennemi numéro 1 de Stanislas Thuret, skipper, qui s’apprête à partir pour une mini transatlantique en solitaire. Son objectif : terminer à tout prix cette course de 8 000 kilomètres.

Comment y résister ?

Stanislas a appris à reconnaître les premier signes du mal de mer. « J’ai souvent les mains moites, puis après je vais avoir chaud, je vais avoir froid. Puis après je sens que ça commence à me brasser un peu le ventre. Souvent le fait de vomir libère un peu tout ça« , décrit le jeune navigateur. « Les marins se plaignent pour la plupart des mouvements de pilonnement. Donc on a choisi de reproduire ces mouvements avec une amplitude importante de 1 mètre 40 « , explique le Dr Lois Bonne, chef du service ORL de l’hôpital d’instruction des armées à Brest (Finistère). Ce médecin utilise un casque de réalité virtuelle pour déclencher le mal de mer, ce qui pourrait permettre au cerveau de s’habituer, et à l’avenir de résoudre ce malaise.

(Source France Info)

Stanislas Thuret sera au départ du Trophée Marie-Agnès Péron jeudi à bord de « Rêve de Cinéma ». Au vu des conditions annoncées, un entraînement de plus pour vaincre le mal.

Outre un marin expérimenté, Stan est aussi un médiaman talentueux. Après avoir accompagné Conrad Colman sur son IMOCA sur une traversée retour de l’Atlantique avant le dernier Vendée Globe pour constituer une banque d’image, il sera à bord du trimaran Ultime d’Yves Le Blevec « Actual » pour la course « The Bridge » entre St Nazaire et New-York fin juin.

Djibi.

(Photo Bernard Gergaud)

 

Erwan a eu chaud !

Trophée Marie-Agnès Péron 2017.

Du haut de ses 20 ans, Erwan LE DRAOULEC est le plus jeune skipper de la flotte de la soixantaine de Mini 6,50 qui s’élancera jeudi après-midi pour la conquête du Trophée MAP.  Troisième l’an dernier, le petit blondinet s’est déjà illustré cette année en prenant la cinquième place de la Pornichet Sélect 6,50 et, surtout en s’imposant de main de maître sur la Mini en Mai.

Jeudi dernier, avec quelques autres concurents, il quittait Lorient pour un convoyage/entraînement vers Douarnenez. Le vendredi à l’aube Erwan est au près dans une mer un peu dure en baie d’Audierne. Tout va bien à bord, mais tout à coup un grand BANG !

« Ca fait un peu plus de 12 heures que nous étions partis de Lorient » explique le skipper « nous étions plusieurs minis à profiter de l’occasion pour nous entrainer une dernière fois avant la course. Je venais de m’offrir ma première micro-sieste et je reprenais la barre. Je « checke » autour de moi et j’aperçois le bateau TBS sous mon vent et rien d’autre, tout va bien.
BANG !!! Put… c’est quoi ? Le gréement se ramollit soudainement, merde le mât!!! Je tire violemment la barre vers moi pour abattre tout en choquant le chariot d’écoute. Le mât repart vers l’avant, appuyé par la grande voile. Que  c’est-il passé? J’active le pilote automatique et me précipite vers l’avant. C’est l’étai qui a lâché, le mât n’est plus tenu à l’avant que par la voile. Je récupère en catastrophe la drisse qui est en tête de mât pour la fixer à l’avant. Ça a l’air de tenir. Je préviens mes amis sur l’eau et fait cap à l’Est… Je ne peux plus faire de près, surtout avec cette mer.

A 12H samedi, j’arrive au port de Concarneau, mon ami Tom Dolan est là pour me filer un coup de main à l’arrivée et m’aide à trouver une pièce qui me permettra de bricoler une solution pour reprendre la mer direction Douarnenez.
Je suis finalement arrivé dimanche à 3H à Douarnenez. Un peu de bricolage au programme mais Emile Henry sera prêt jeudi pour le départ du Trophée Marie-Agnès PERON 2017 ! ».

Ouf, tout est bien qui finit bien. Le n°895 « Emile Henry » est amarré au ponton avec les autres petits bolides, prêt à en découdre après avoir remplacé la ferrure d’étai. Plus de peur que de mal.

Djibi

Photos Simon Jourdan.