Tous les articles par djibi

Mini Transat 2017 : La lutte finale.

Mini Transat 6,50_- 2017

La lutte finale

Récupération et préparation

Les petits bolides multicolores piaffent d’impatience et tirent sur leurs amarres aux pontons de Las Palmas à Gran Canaria. Quelques heures encore et le dernier acte de l’aventure océanique va se dérouler pour les 79 concurrents de la Mini Transat. Mercredi 1er novembre, le coup de canon libérera les marins pour un périple de plus 2700 milles nautiques à travers l’Atlantique jusqu’à la Martinique. Plus d’escale possible. Les tripes de tous sont un peu nouées : les uns parce qu’ils arrivent au pied de leur objectif final, le grand saut dans l’inconnu, la grande confrontation avec le Bleu, leur traversée de l’Océan Atlantique en solitaire, et que, quand même, on a beau s’y préparer depuis deux années, s’être rassuré sur la première étape, ça remue un peu le système digestif; les autres parce que les résultats sportifs de la premère partie de l’épreuve, de La Rochelle aux Canaries, démontrent que tout reste possible pour pas mal de skippers qui peuvent continuer de rêver de podium pendant l’escale, de gamberger, de se mettre la pression et que, quand même, on a beau prendre du recul, dire que l’important est d’arriver de l’autre côté, ça tord les boyaux.

A l’heure qu’il est, la plupart des job list ont disparu et ce sont les fichiers météo qui commencent à faire ronfler les ordinateurs. Ils examinent, ils scrutent, ils analysent les caprices d’Eole pour sculpter une jolie route sur tout ce bleu, pour ne pas se faire piéger, pour anticiper le plus possible l’absence de données une fois le départ donné. Les vivres frais occupent aussi une place essentielle dans les ultimes préparatifs. Surtout, ils rentrent chacun dans leur bulle, ils sont déjà ailleurs, dans le pays de solitude.

Rude première étape

Le premier acte fut âpre et disputé, long et usant.

Un golfe de Gascogne tranquille en apéro comme mise en jambes, puis un passage très sportif du Cap Finisterre avec du vent autour de 25 nds et une mer forte, comme souvent dans ce coin-là. Cette séquence se solde par 2 démâtages et un hélitreuillage. La dernère phase de l’épreuve était marquée par d’interminables zones de pétole dure, des séances de surplace aléatoires et qui se mesuraient en heures. Dans cette situation, pétole rime avec pénible et pétage de plombs. Le mental est mis à rude épreuve, les nerfs en pelote le skipper guette la moindre risée, le plus petit nuage, il se demande où sont les autres, et finit par se convaincre que tout le monde a trouvé la sortie, sauf lui.

Contestation en Proto

En Proto, Ian Lipinski “Griffon.fr” n’a pas eu la vie facile. Désigné, à juste titre, comme le grand favori, le Lorientais d’adoption a eu du fil à retordre. C’est d’abord Erwan Le Mené “ Rousseau Clotures” qui lui a mené la vie dure en attaquant d’emblée et en prenant la tête de l’épreuve jusqu’après la pointe espagnole où il était victime d’une rupture de tangon. Mais la porte n’était pas grande ouverte, car “Griffon.fr” se faisait alors déborder par Arthur-Léopold Léger “AntalXPO”, arrivé de nulle part – au propre comme au figuré (il n’a presque pas couru ces 3 dernières années) – et qui s’est maintenu en tête jusqu’à quelques encablures de la ligne d’arrivée. Au classement, il ne concède que 113 secondes au vainqueur de cette première étape. Le “Griffon.fr”, leader incontesté depuis 2 ans a tremblé sur son socle.

Pour la suite de cette Mini Transat, à l’échelle d’une traversée de 2700 milles, les écarts au classement semblent insignifiants. Un fifrelin, le top 10 se tient en moins de 10 heures. Derrière le plan Raison de Ian Lipinski, ce sont trois plans Lombard (709 “Antal-XPO”, 800 “Rousseau Clotures”et 716 “Spicee.com”), en esquadrille, qui occupent les premières loges pour assurer la chasse. Le cinquième, Aurélien Poisson – “Teamwork.net” – (plan Manuard) est encore un nez fin. Un peu décevants dans ces conditions le 888 “Eight Cube”– Simon Koster et le 934 “Lilienthal” – Jorg Riehers sont respectivement 6ème et 7ème. Mais les gros nez n’ont certainement pas dit leur dernier mot, ils n’ont que 8 heures de retard, une paille, et la route est encore longue.

Au Winches Club on n’est pas chauvin , mais citons la très belle course de Patrick Jaffré qui intègre le top 10, une position élogieuse au classement qu’il aura à coeur de confirmer en Martinique.

En conclusion, quelques certitudes valables à La Rochelle se sont un tantinet estompées et les cartes sont redistribuées. Certes Ian Lipinski conserve un gros paquet d’atouts, mais ses concurrents ont tiré quelques bonnes cartes et sont, plus que jamais, prêts à les abattre à la première occasion.

Holdup à la suisse en Série

Le résultat sportif de la 1ère étape a sans aucun doute été influencé par le scénario météo qui l’a accompagné. Un peu de chance ou de malchance, parfois à quelques milles près, et le classement est chamboulé. Qu’on ne s’y trompe pas, la victoire de Valentin Gautier – 903 “Banque du Léman” n’a rien du résultat d’une loterie. La course a été très disputée, 7 leaders différents en 10 jours et 13 changements en tête au fil des cartos, et, malgré quelques fausses notes, ce sont les meilleurs qui sont devant. Le navigateur suisse a fait la course dans le groupe de tête tout du long et a gardé la tête froide pour prendre les bonnes décisions dans les dernières heures de la régate. Les 2 heures d’avance qu’il possède à la veille de cette seconde étape ne pèseront pas lourd dans la décision finale, mais une avance, si petite soit-elle, c’est mieux qu’un handicap, même petit.

Derrière, la meute est à l’affût, les 21 premiers bateaux se tiennent en 6 heures, c’est dire que rien n’est fait pour la hiérarchie finale de cette Mini Transat. Les Pogo3 confirment leur supériorité et trustent largement le haut du tableau (et les 5 premières places), mais les incroyables Ambrogio Beccaria et Fred Moreau occupent les 5ème et 6ème places sur leurs Pogo2.

La bagarre va être belle, et serrée jusqu’au bout, avec de probables rebondissements, des coups de théâtre, des courses dans la course, et peut-être l’un ou l’autre fera-t-il même un tour de magie. On va se régaler, ils sont remontés comme des horloges, beaucoup y croient encore, et ils ont raison.

La belle histoire

Il n’y a eu que 2 abandons lors de cette étape. Un record. Ils seront 79 Minis au départ de Las Palmas pour faire le grand saut, plus d’escale possible, vers les Antilles. Les deux bateaux qui avaient démâtés aux abords du Cap Finisterre en début de course, le 614 de Fredo Guérin “les-amis.fun” et le 832 de Julien Mizrachi “Unapei” seront sur la ligne.

Après leur fortune de mer, ils avaient regagné La Corogne, sans assistance, sous gréement de fortune et bénéficiaient d’une possibilité de 72 heures d’escale technique pour rester en course. Toutefois, se retrouver sans mât au fin fond de l’Espagne, avec un outillage restreint, c’est pas gagné d’avance, ça sent méchamment l’abandon, la fin de l’histoire.

Mais, il était une fois la Classe Mini. Dans la communauté des Ministes, un mât qui tombe, c’est un rêve qui s’écroule. Et ça, on n’aime pas, c’est dans l’ADN. Un mât c’est fait pour être droit, pour faire monter les rêves jusqu’aux étoiles. Alors, quand un mât tombe après 2 jours de course, après 2 ans d’efforts, de sacrifices, de galères parfois, pour pouvoir passer de l’autre côté de l’Océan, alors la colère monte. Quand un mât tombe après 2 jours de course, la nouvelle, comme une traînée de poudre se répand dans la communauté ministe et on refait le Monde, ça ne se passera pas comme ça !. Alors une équipe se monte, quelqu’un trouve un mât à Lorient, un autre prête sa remorque, un troisième propose son Vito, des outils, du matos, un commando se désigne. Les bras, c’est fait pour servir, pour porter les rêves quand ils vacillent, les remettre en route. Le temps est compté, c’est le réglement. Il y a 72 heures pour agir, pour être efficace, pour que le 832 reste en course. Julien doit à nouveau être en piste avant le samedi 22h30. Sur le coup de 20h00, le 832 est remorqué vers le bout de la jetée, les voiles sont hissées, c’est reparti et il arrivera à Las Palmas sans encombre après 14 jours 15 heures et 8 minutes de compétition, arrêt inclu.

Fredo Guérin n’a pas été en mesure de repartir dans les temps. Avec un mât en carbone, toutes les réparations ne sont pas possibles dans un contre-la-montre. Il en faut plus pour démonter le doyen de cette Mini Transat qui, à 62 ans, tient à terminer sa quatrième participation comme si c’était la première. Une deuxième équipe prendra la route, avec autre mât, et le Mini repartira pour arriver aux Canaries hors-course, mais dans le délai prescrit pour s’aligner au départ de la seconde manche.

Djibi.

Photographie Simon Jourdan.

La Mini Transat vue de Douarnenez.

Mini Transat 2017 : BLEU DEVANT !!

Demain, dimanche 1er octobre, sera donné à La Rochelle, le départ de la 21ème édition de la Mini Transat. Une édition assortie du quarantième anniversaire de l’épreuve. Un peu plus de 4000 milles nautiques en 2 étapes, entre la Charente Maritime et la Martinique via les Canaries. La plupart des 81 marins qui vont affronter l’Océan Atlantique étaient présents sur les pontons de Tréboul lors des dernières éditions du Trophée Marie-Agnès Péron et/ou de la Mini Fastnet et c’est donc avec un mélange de passion et d’émotion que nous allons pouvoir suivre l’aboutissement de leurs aventures.

Un doublé historique.

Depuis 2 saisons, il n’a pas laissé grand chose à ses adversaires, pas un seul pied sur la première marche du podium qu’il a monopolisée, pas une demi-longueur sur les parcours proposés par la Classe Mini 6,50. Ce n’est donc pas une pancarte de favori que Ian Lipinski aura autour du cou, mais c’est en véritable homme-sandwich qu’il se présentera sur la ligne. Il y a fort à parier que ce costume mal seyant pour un marin, ne gênera en rien le skipper de “Griffon.fr”, tant le sérieux de sa préparation et les conseils précieux de David Raison, architecte du bolide bleu, recueillis lors du dernier Mini Fastnet, confortent ce statut de grand favori. D’autant que l’expérience est là aussi dans les bagages de Ian, puisqu’il est le lauréat de l’édition 2015 en bateaux de Série. Dès lors, il vise ni plus ni moins un doublé historique dans les deux catégories de la Classe.

Mais, mais, mais, la voile reste un sport mécanique et rien n’est fait avant le passage de la ligne d’arrivée. Lors des 2 dernières éditions, au départ de Douarnenez, Giancarlo Pedote – lui aussi sur un gros nez signé Raison – était favori en 2013, mais, victime d’une casse à quelques jours de l’arrivée en Guadeloupe, il laissait filer la première place qui revenait à Benoit Marie, de même en 2015, Davy Beaudart avait dominé la première étape de la tête et des dérives – avec le bateau maintenant aux mains de Ian Lipinski – mais les premières heures après le départ des Canaries étaient fatales à son coursier et Fred Denis remportait l’épreuve.

Certains gros nez ont les dents longues.

Les formes nouvelles des Proto Raison ont inspiré d’autres architectes. L’intarrissable Etienne Bertrand a dessiné le “Lilienthal” de Joërg Riechers et le navigateur allemand a bien l’intention de faire parler la poudre à la barre d’un bateau qui n’en était qu’à ses premiers bords lors des épreuves douarnenistes en juin dernier. Le Proto est fiabilisé, le marin a multiplié les entraînements et la confrontation promet d’être de toute beauté.

Il reste beaucoup d’inconnues au sujet du superbe vaisseau spatial rouge de Quentin Vlaminck, mais les prodigieuses performances démontrées par ce voilier, qui cumule les innovations, laissent présager de vitesses phénoménales. La durée de l’épreuve sera son principal ennemi mais le skipper est un battant et “Arkéma 3” pourrait surgir de nulle part.

Il ne faudrait pas oublier trop vite l’Italien Andréa Fornaro sur “Sidéral”(un autre plan Bertrand) qui sera immanquablement plus serein qu’au départ de Tréboul en juin dernier où il avait accumulé les soucis de préparation. Ce serait également une erreur de ne pas citer “Eight Cube” du skipper suisse Simon Koster qui malgré une monture moins bien née, cumule l’expérience d’une troisième traversée en Mini et une ténacité légendaire.

Des nez fins très fins.

Sur une traversée de l’Atlantique, il convient de ne pas écarter avec un excès de certitudes les voiliers qui pourraient se voir qualifier d’ancienne génération. Au premier rang de ceux-ci, le n°800, vainqueur de la Mini Transat 2015. Surtout lorsque ce petit bijou est aux mains d’Erwan Le Mené, un skipper qui sait se faire mal, navigue avec finesse et ne jette jamais l’éponge. Ses difficultés à boucler son budget, résolues en dernière minute, ont décuplé sa motivation. Le doux Morbihanais à terre est un guerrier en mer, et il a hâte d’en découdre avec son “Rousseau Clôtures”.

C’est sans doute la détermination qui définit le mieux Romain Bolzinguer à bord de “Spicee.com”. Celui que ses adveraires surnomment la bernique, ne lâche pas facilement prise, une caractéristique payante sur une traversée.

Un cran en-dessous, mais tout petit, il faudra également suivre Kéni Piperol sur ,”Région Guadeloupe”, qui aura hâte de rentrer à la maison; Aurélien Poisson sur “Team Work”sera aussi pressé d’arriver de l’autre côté car un petit alevin doit voir le jour durant la seconde étape; Charlotte Mery sur “Optigestion – Femmes de Bretagne” a aussi tout ce qu’il faut pour ne pas être loin des meilleurs.

Pour en finir avec les Proto, une mention spéciale pour le doyen de cette 21ème édition, Fredo Guérin, à la barre de “les-amis.fun”. Agé de 62 ans, il est déjà monté sur le podium des éditions 83 et 87!

Une série de Pogo 3 en Série.

Ils sont plus d’une dizaine en Série à pouvoir revendiquer une place sur le podium de cette Mini Transat. Bien entendu, aucun ne le dira ailleurs que dans ses espoirs les plus secrets. D’une part, inutile de se mettre la pression, d’autre part, comme tous les marins, ils ne sont pas supertitieux, ça porte malheur, dixit le Maître Jean Le Cam. Une chose est sûre, la bagarre sera épique sur les deux étapes. Les skippers sont préparés et prêts à en découdre, il n’y a plus qu’à.

Pour les observateurs, libérés de l’enjeu personnel, la tâche n’est pas plus simple. Tous semblent d’accord pour dire que le podium ne devrait pas échapper aux Pogo3 tant la supériorité de ce modèle fut écrasante au fil des courses sur les 2 dernières campagnes. Partant de là, rien n’est établi clairement, c’est la bouteille à l’encre : untel ? Oui mais…un autre? oui mais…

Erwan Le Draoulec (“Emile Henry”): le benjamin de la course dispose de pas mal d’atouts. Gagner la Mini Transat à 20 ans est à sa portée. Il était sur tous les podiums du circuit Mini cette année. Il n’a pas encore d’expérience du grand large.

Tanguy Bouroullec (“Kerhis – Cerfrance”): un peu en demi-teinte tout au long de la saison, il ne se sent jamais aussi bien qu’au large comme le confirme sa victoire incontestable sur la course Les Sables – Les Açores – Les Sables 2016.

Tom Dolan (“Offshore Sailing”): le plus breton des Irlandais est plutôt accrocheur. Il a fait la Mini Transat 2015 et la SAS l’an dernier, deux expériences au long cours qui pourraient faire la différence.

Pierre Chedeville (“Blue Orange – Fair retail”): le Briochin est un client sérieux. Il garde la tête froide en toutes circonstances et possède un très gros bagage nautique. Il est le plus souvent aux avant-postes.

Clarisse Cremer (“TBS”): depuis 2 ans, sa courbe de progression est exponentielle. Elle s’est entraînée comme personne et pourrait être la première fille à décrocher la timbale. Sa combativité n’a d’égale que son sens de la communication.

Valentin Gautier (“Banque du Leman”): le Suisse est fin prêt. Il a connu cette saison des soucis techniques et physiques, mais tout ça est derrière et l’équipage tourne comme une horloge en cette veille de départ, qui plus est remontée à bloc.

Germain Kerleveo (“Adonnantes”): vétérinaire de profession, il a sans conteste eu moins de temps à consacrer à l’entraînement. Son principal atout est sa régularité. Il est aussi imperméable à la pression. Des qualités précieuses pour les deux étapes qui attendent les concurrents.

Oliver Tessloff (“Jandia”): l’Allemand de la bande s’entraîne à Lorient et progresse lentement mais sûrement dans la hiérarchie. Le sérieux de sa préparation et ses facultés de récupération pourraient être payantes dans la deuxième étape.

Yannick Le Clech (“Dragobert”): le gars de la Baie de Morlaix souffre probablement d’un déficit d’entraînement lié à son activité professionnelle. Mais, à quarante ans, il dispose d’une très solide expérience et sa force tranquille pourraient être payantes.

Guillaume Combescure (“Mini Oiri”): premier Tahitien engagé sur une Mini Transat, cette force de la nature, aussi à l’aise sur l’eau que dans l’eau, n’a pas pu consacrer le temps qu’il aurait souhaité à sa préparation. Mais, attention, il a plus d’un tour dans son sac.

Rémi Aubrun (“Construction du Belon”): ce quinqua a fait la Mini en 2009, jusqu’à Bahia. Il est aussi monté à plusieurs reprises sur la première marche des podiums en Méditerranée. Un candidat à ne pas négliger pour le classement final.

Les autres Série.

Les skippers d’ Offcet 6,50 n’en démordent pas, ils rappellent les deux premières places acquises lors de la dernière édition et les qualités de leurs montures taillées pour cette course. Avec un petit sourire, ils prétendent aussi que le plus grand confort de leurs voiliers sera un atout sur la longueur de l’épreuve. En bref, ils sont loin, Henri Patou (“DA.fr”) en tête, d’avoir déposé les armes.

Il convient aussi de ne pas oublier le lutin italien Ambrogio Beccaria (“Alla Grande Ambeco”). Le transalpin sur son Pogo2 a déjà démontré lors de la SAS, où il a terminé 2ème du général, qu’il pouvait toujours sortir sa baguette magique, pour bousculer une hiérarchie jamais établie définitivement.

Djibi pour le Winches Club

Photos : Simon Jourdan

MAP : Le point du Championnat de France.

Le Trophée Marie-Agnès Péron était la deuxième épreuve comptant pour le Championnat de France Course au Large en Solitaire – Mini 6,50. Voici le top 10 après cette course. La Mini Transat sera la dernière épreuve de ce Championnat convoité par les skippers. Le grand rendez-vous d’octobre sera déterminant pour l’attribution du titre puisque chacune des deux étapes compte pour une course et que le classement final compte double.

PROTO :                                                                                                                                     1. Ian Lipinski.                       4 points.                                                                               2. Erwan Le Méné.             10 points.                                                                             3. Quentin Vlamynck.       16 points.                                                                           4. Charlotte Mery.               24 points.                                                                           5. Sébastien Pebelier.        26 points.                                                                           6. Kéni Piperol.                      34 points.                                                                           7. Thibault Michelin.           36 points.                                                                           8. Frédéric Guerin.               50 points.                                                                           9. Nathalie Devouge.          54 points.                                                                           10. Romain Bolzinger.        58 points.

SERIE :                                                                                                                                         1. Pierre Chedeville.            10 points.                                                                         2. Erwann Le Draoulec.      14 points.                                                                              Tom Dolan.                           14 points.                                                                         4. Clarisse Cremer.               20 points.                                                                         5. Tanguy Bouroullec.         28 points.                                                                           6. Yannick Le Clech.             34 points.                                                                           7. Cédric Faron.                     40 points.                                                                           8. Oliver Tessloff.                  42 points.                                                                           9. Pierre Le Roy.                    58 points.                                                                           10. Valentin Massu.             68 points.                                                                                   Valentin Gautier.           68 points.

 

 

MAP : Résultats des courses.

L’intensité restera la marque de fabrique de cette 13ème èdition du Trophée Marie-Agnès Péron. Un parcours mené tambour battant, un rythme de course très élevé qui a conduit les skippers au bout d’eux-mêmes. Les Ministes sont pourtant habitués à des efforts plus longs, mais quand la régate dure un peu plus de 24 heures sans le moindre temps mort, avec toujours quelqu’un à l’attaque, il faut puiser loin dans les réserves pour rester dans le match et ne pas lâcher le morceau.

En Proto : Contestation à l’affiche.

Quand, sur la route du retour, au second passage à Penmarch, Ian Lipinski a vu le brillant Erwan Le Méné le déborder par son tribord, à 70mn de l’arrivée, il a dû se dire qu’il était temps de mettre le turbo et de se concentrer. Prendre l’habitude de caracoler seul devant entraîne parfois un brin de désinvolture. Ian a fait parler la puissance de son plan David Raison, mais jusqu’à l’arrivée, le rétroviseur était de sortie à bord de « Griffon.fr » pour surveiller le Morbihannais qui, s’il n’a pas d’argent, a un sacré talent. Sans aucun doute, l’incessant harcèlement du n°800 « Bon mais pas un rond », a joué un rôle dans le nouveau record de l’épreuve établi par le Parisien en 1jour 4heures 21minutes et 43secondes (ancien record Giancarlo Pedote). Erwan Le Méné franchira la ligne 35 minutes derrière le 865.                                 La première (vraie) sortie du tout nouveau « gros nez », le n° 934 dessiné par Etienne Bertrand, n’est pas passée inaperçue. Elle est porteuse de belles batailles à venir. L’heure de la contestation a peut-être sonné pour l’intouchable « Griffon.fr ». Malgré un départ perturbé par une collision, l’Allemand Jorg Riechers, qui en est encore au stade de la découverte des capacités et des réglages du bateau, a montré de belles choses. « Lillienthal » passe la ligne seulement une grosse heure après le lauréat de l’épreuve.                       Séparés d’une poignée de secondes, Sébastien Pebelier « Ropeye » et Charlotte Mery « Optigestion-Femmes de Bretagne » ont très largement participé au spectacle. De bon augure pour la suite car leurs marges de progressions sur ces bateaux sont encore importantes.                                                                                                                             Enfin, même si son résultat final (6ème) reste décevant, il demeure évident qu’il faudra compter sur l' »Arkema3″ de Quentin Vlamynck sur les longs bords de la traversée de l’Atlantique.

Photo Leeg.Photographies

En Série : Spectacle garanti.

L’écart de 18min40sec  entre le vainqueur et la sixième en dit long sur l’intensité de la régate. Les six furieux du premier rang de la catégorie nous ont offert une empoignade de tous les instants tout au long des 220 milles de l’épreuve douarneniste. Si l’on ajoute que la violence de leur confrontation sans merci sur l’eau n’a d’égale que leur indéfectible amitié sur les pontons, chaque rendez-vous confine à la plénitude.                                                                                                                           C’est le Suisse Valentin Gautier qui, dès la ligne de départ franchie avait lancé la première attaque, menant la régate jusqu’à la pointe de Penmarch où son bout dehors l’a lâché, le contraignant à l’abandon, la rage au coeur. Derrière la bande des six se retrouvait en tête de course. Chacun son tour posant une mine pour faire la différence, tentant un coup, prenant un risque, par babord, par tribord, au vent, sous le vent, faisant payer cher la moindre erreur au leader temporaire. Ils n’ont pas manqué de refaire le match, attablés à la Maison du Nautisme de Tréboul, mais c’est probablement le passage par le Nord des Glénan puis son bord au ras des cailloux au pied du phare d’Eckmuhl qui a permis à Benoit Hantzperg « Mahi-Mahi » de faire la petite différence qui lui permet de remporter l’épreuve. Fallait-il encore tenir jusqu’à l’occidentale de Sein, tenir sur le bord jusqu’à la basse du Lis et ne rien lâcher jusqu’à la ligne d’arrivée à Douarnenez. Et le grand blond l’a fait ! C’est Erwan Le Draoulec « Emile Henry » qui passe la ligne, dans son sillage, 2 minutes derrière lui. Moins de 6 minutes derrière le premier, Pierre Chedeville décroche la troisième marche du podium. Suivent l’Irlandais Tom Dolan « Cellastab.com » qui a lancé son sprint  final un peu tard ; puis Tanguy Bouroullec « Kerhis-Cerfrance »,  longtemps leader et enfin Clarisse Cremer « TBS » à 18 minutes et 40 secondes.                                     Tout ceci promet une Mini Transat d’enfer, au départ de La Rochelle début octobre. D’autant que sur cette épreuve d’endurance, les suivants au classement du Trophée MAP , auront leur mot à dire. Ils seront tous là aussi dimanche prochain pour le départ du Mini Fastnet. On va se régaler !

Photo Leeg.Photographie 

MAP : Suite des arrivées Série.

7ème Série : 906 Yannick le Clech « Dragobert » à 23h 55min. 50sec

8ème Série : Henri Lemenicier « LPO-Agir pour la Biodiversité » à 00h 28min. 21sec.

9ème  Série : Oliver Tessloff « Olivertessloff.com » à 00h 30min. 17sec.

10ème Série : David Prono « ESI Group Coriolis Composites » à 00h 31min. 09sec.

11éme Série : Grégoire Mouly « Ganesh » à 00h 34min; 04sec.

12éme Série : Cédric Faron « Marine Nationale » à 00h 38min. 20sec.

13ème Série : Ambrogio Beccaria « Alla Grande Ambeco » à 00h 42min. 15sec.

14ème Série : Stéphane Gresset « Uniflowmarine » à 01h 15min. 41sec.

15ème Série : Frédéric Moreau « Petit Auguste et Cie » à 01h 16min. 46sec.

16éme Série : Pierre Le Roy « Bradfort & Condrieu » à 01h 17min. 50sec.

17ème Série : Valentin Massu « Challenge Espoir Mini-Transat » à 01h 22min.02sec.

18ème Série : Michel Sastre « Dame Argo » à 01h 26min.29sec.

19ème Série : Estelle Greck «  »Starfish » à 02h 22min.00sec.

20ème Série : Julien Mizrachi « Golborne » à 02h 41min.03sec.

21ème Série : Andreas Deubel « www.andreasdeubel.com » à 02h42min.19sec.

22ème Série : Stanislas Thuret « Rêve de Cinéma » à 02h 56min.39sec.

23ème Série : Slobodan Velikic « Val Je Velik » à 03h 11min.51sec.

24ème Série : Loïc Fagherazzi « Trebunnec » à 03h 12min.32sec.

25ème Série : Vianney Desvignes « Cachaca » à 03h 12min.50sec.

26ème Série : Philippe André « Frankiz » à 03h 13min.52sec.

27ème Série : François Denis « So-Boat.com » à 03h 16min.32sec.

28ème Série : Martin Callebaut « Extasea » à 03h 28min.59sec.

29ème Série : Elodie Pedron « Manu Poki et les Biotechs » à 03h 37min.44sec.

30ème Série : Grégoire Despretz « Voiles des Anges » à 05h 07min.12sec.

31ème série : Julien Bozzolo « Mariole.fr » à 06h 18min.41sec.

 

 

MAP : Suite des arrivées Proto

7ème Proto : 759 Antoine Cornic « Destination île de Ré » à 00h 00min 15sec.

8ème Proto : 667 Thibault Michelin « Eva Luna » à 00h 02min. 05sec.

9ème en Proto : 788 Keni Piperol « Région Guadeloupe » à 00h 24min. 53sec.

10ème en Proto : 614 Fred Guérin « Les-amis.fun » à 00h 28min.29sec.

11ème en Proto : 624 Nathalie Devouge « Bleeding Cowboy » à 00h 28min. 46sec.

12ème en Proto : 791 Camille Taque « Foxsea Lady »  à 01h 12min. 48sec.

13ème Proto : 431 Pablo Torres « Bicho II » à 02h 12min.09sec.

14ème Proto : 346 Edgar Byczek « Adrénaline » à 06h 20min.23sec.

15ème Proto : 419 Kan Chuh « Vmax » à 07h 44min.37sec.