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Le casse-tête de la pétole.

Ils seront finalement 52 participants à s’élancer en fin d’après-midi pour cette 12ème édition du MAP (43 Séries et 9 Protos).

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le vent sera faible, très faible, voire évanescent pour les premières heures de course. Cette situation météorologique a entraîné le Directeur de Course, François Séruzier, à annoncer une réduction du parcours : ce ne sont plus les Birvideaux qu’il faudra virer, il s’agira de tourner autour de l’île de Groix et de laisser la Cardinale Sud Les chats à tribord comme marque la plus Sud du parcours.

Pour le départ, une brise thermique devrait apporter un vent de 5 à 8 noeuds. Toutefois, cette brise étant liée à l’absence de couverture nuageuse, il est possible qu’Eole souffle plus faiblement encore sur le plan d’eau, ou qu’il soit totalement absent. Dans cette situation, le Président du Comité de Course, Bertrand Nardin, présent sur la ligne de départ, prendra la décision de suspendre la procédure et d’envoyer le pavillon “Aperçu”.

Celui-ci est une flamme rouge et blanche (voir photo) qui annonce aux marins un report du départ. Les nerfs des concurrents sont ainsi mis à rude épreuve avant même le départ. Il s’agit alors d’être zen, très zen, et de patienter. D’autant que dans ces conditions, le départ peut être retardé de quelques minutes, de plusieurs heures ou même annulé et reporté au lendemain. Il s’agit pour la Direction de course d’avoir la garantie minimale que la flotte ne se retrouve pas sans vent avant le passage du raz de Sein, ou lors de celui-ci. Les courants sont très forts dans ces parages caillouteux et malsains et il n’est pas souhaitable de s’y retrouver sans capacité de manoeuvre. Et ce d’autant qu’un front orageux doit croiser la route des marins avant la fin de la nuit.

Rendez-vous à 18 heures sur la ligne de départ pour connaitre la fin de ce palpitant suspense.

Djibi.

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Bertrand NARDIN présente le pavillon « Aperçu »

(Photographie Simon Jourdan )

Les forces en présence : Veillée d’armes à Douarnenez!!

 

En Proto : chronique d’une victoire annoncée.

Ils ne seront que 8 bateaux au départ de ce douzième Trophée Marie-Agnès Péron. La catégorie Proto est en pleine transition avec l’arrivée des “gros nez”, qui représentent une véritable révolution dans la Classe, tant au niveau de l’architecture que des performances. Du coup, bon nombre de protos ont perdu de leur compétitivité et il n’y a pas encore beaucoup de voiliers construits dans cette nouvelle configuration…mais ça vient, encore un peu de patience.

En l’absence d’autres “gros nez”, la voie est donc grande ouverte pour un nouveau cavalier seul de Ian Lipinski sur le n°865 “Griffon.fr”. Le skipper parisien a remporté haut la main toutes les régates Atlantique du circuit Mini cette année. Déjà sur la première marche du podium de la dernière Mini Transat en 2015 dans la catégorie Série, il a enchaîné chez les Protos sur le dernier né de l’architecte David Raison en 2016 : vainqueur de la Lorient Bretagne Sud Mini, de la Pornichet Sélect 6,50 et de la Mini en Mai.

Pour l’argent et le bronze, l’Estonien Jaanus Tamme (n°787 “Ropeye”) compte bien renouveler sa performance du mois dernier à Pornichet où il avait arraché la deuxiéme place. Maxime Salle (n°618 “On the road again II”), très expérimenté, toujours motivé, ne lui laissera pas cette place facilement. Il faut aussi noter le plan Lombard n°850 (“April Marine”), un très bon voilier, skippé par Clément Machetel dont ce sera la première expérience.

A noter la présence du n°138 (“Poch’trot”), le plus ancien Mini de la flotte, un plan Rolland avec lequel Bernard Stam avait obtenu la troisième place de la Mini Transat 1995, qui sera barré pour la deuxième année consécutive par Thomas Grandin.

En Série : Une bagarre d’enfer.

Incontestablement, les Pogo3 dominent la catégorie de la quille et des safrans. Seuls quelques très bons compétiteurs parviennent à leur tenir tête, un peu. A ce titre, ni Henri Patou sur son Bertrand Ofcet 6,50, ni Erwann Le Mené sur son Lombard Argo 6,50, ne seront de la partie. Dès lors, le podium – voire le top 10 !- ne devrait échapper au dernier né du chantier Structures. Plusieurs skippers s’imposent comme de potentiels vainqueurs.

A tout seigneur, tout honneur, dejà lauréat à quatre reprises du Trophée, Davy Beaudart mérite sans aucun doute d’être cité le premier, même si ça ne sera que sa première expérience sur cette monture. A bord du n°869 “Le Fauffiffon Hénaff”, il devrait servir de lièvre aux autres concurrents.

869

Troisième de la BSM, deuxième de la Mini en Mai et vainqueur de la Sélect 6,50, Pierre Chedeville n°887 “”Blue Orange Game”, a fait la preuve de son talent. En tête du ranking et également du classement provisoire du Championnat de France, il n’a probablement aucune envie de s’en laisser déloger, ce n’est pas dans son matériel génétique. Il convient de rappeler que le Trophée MAP représente la deuxième des quatre étapes du Championnat (les suivantes et dernières, seront les deux étapes de la course des Açores).

887

Tom Dolan n°910 “Offshoresailing.fr” vient de remporter de main de maître la Mini en Mai, avec une supériorité, tant dans la brise que dans le tout petit temps, qui a fait l’admiration de tous. Le plus breton des irlandais n’est pas marin à laisser qui que ce soit lui montrer son tableau arrière.

910

Le Belge Jonas Gerckens n°882 “Volvo – Viva for Life”) est plutôt du genre à vendre chèrement sa peau. Les petits airs qui s’annoncent pour la course ne sont pas son point fort mais il s’agit là d’un marin qui ne lâche le morceau qu’une fois la ligne passée. En l’absence de Renaud Mary, sa deuxième place au classement du Championnat de France sera source d’une motivation supplémentaire.

882

Toujours en embuscade, Tanguy Bouroullec n°909 “Pogo Partners” n’aura qu’une envie, celle de concrétiser par un podium ses excellentes prestations sur les courses précédentes, qui lui permettent d’occuper actuellement la deuxième place du ranking.

Photographies Simon Jourdan

Quatrième de la Mini en Mai, sa première course de la saison retardée par un accident de grutage, Yannick Le Clech n°906 “Dragobert” est lui aussi un très sérieux candidat à la victoire, son but étant de rattraper le temps perdu en chantiers divers.

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Ce serait sans doute une erreur de ne pas miser une grosse pièce sur le jeune Erwan Le Draoulec n°895 “Emile Henry”. S’il n’a pas encore vingt ans, son expèrience est conséquente et il se retrouve souvent en embuscade grâce à des fins de course somptueuses.

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Impossible de ne pas citer également Gweno Gahinet, à la barre du n°902 “Merci Logways” de Clarisse Cremer. Même s’il n’est inscrit que de dernière minute, le talent du vainqueur de la Mini Transat 2011 (pour ne citer que ça) ne devrait pas rester stérile.

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Cela fait donc huit candidats très sérieux pour un seul podium, voire pour une seule plus haute marche. Une très sérieuse empoignade pour un spectacle magnifique et aussi, probablement, au vu des conditions de molle annoncées, une véritable guerre des nerfs, un sacré suspense !!!!

Djibi.

Photographies Simon Jourdan

Le bonheur Mini n’a pas d’âge.

L’un fêtera ses 62 ans à la fin de l’année.

L’autre soufflera ses 20 bougies en décembre.

L’un a l’accent rocailleux du Sud-Ouest.

L’autre fait flotter les voyelles de Bretagne.

L’un commence par 82, comme Tarn et Garonne; il demeure à Moissac, là où l’on passe la Garonne en passant sur le pont ; il y est médecin anesthésiste.

L’autre débute par 56, comme Morbihan; il habite Hennebont, là où l’on navigue sur le Blavet, sans passer sous le pont; il y est étudiant en construction navale.

Tous les deux sont amoureux de petits bolides de six mètres cinquante de long, qui s’appellent Minis; tous deux seront au départ, ce jeudi à Douarnenez, du 12ème Trophée Marie-Agnès Péron, course internationale à la voile en solitaire.

Tous les deux en sont très heureux.

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Photographie Simon Jourdan

MAP : Chasseur chassé !

Davy : « Avant l’occidentale de Sein, Fred m’a laissé un trou de souris et je m’y suis glissé. Je me suis retrouvé le chassé pour les dernières heures de courses et ce n’est pas la position la plus confortable. L’important est de rester le chassé jusqu’à la ligne !! » Sur la ligne, l’écart est de 6 minutes 58 secondes.

MAP : Le point de la course après 24h.

En Proto : Après un peu plus de 24h de course, et à 70mn de la ligne, c’est toujours Frédéric Denis (800 – Nautipark) qui mène. Mais bien malin celui qui pourrait dire quel sera l’ordre du podium, et même qui sera dessus. Ses 4 poursuivants directs se tiennent en moins de 3mn. Il s’agit, dans un ordre très aléatoire, de Luke Berry (753 – Lukeberry-Sailing.com) à 1,9mn, Davy Beaudart (865 – Flexirub) à 2,2mn, Fidel Furienzo (303 – Satanas) à 2,5mn et Axel Trehin (716 – Raoul Pastèque) à 2,7mn.

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Photographie Simon Jourdan.

 

En Série : Tanguy Le Turquais (835 – Terreal) sur son Argo6,50, domine l’épreuve de la tête et des épaules. A 80mn de l’arrivée, il se mêle aux meilleurs protos. Derrière lui, ils sont ils sont une petite dizaine à se battre comme des furieux pour les places d’honneur. Ici aussi, les plus sages se garderont bien de faire un pronostic. D’autant que Hervé Aubry est passé par le Nord des Glénans; Patrick Girod (824), Jean-Marie Oger (774), Arnaud Machado (832) et Sébastien Pebelier (660) ont pris la passe centrale de l’Archipel; Dimitri Simons (758) et David Genest (511) par le Sud.